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artist : FOREVER PAVOT

Release date : November 10 2017
genres : POP / OST / PROG
format : CD / LP / DIGITAL
reference : BB099

BB099 FOREVER PAVOT – LA PANTOUFLE

© Corentin Fohlen/ Divergence. Portrait du musicien Emile Sornin, du groupe FOREVER PAVOT

On connaissait Emile Sornin le fils, l’élève, celui qui reconnaissait ses pères parmi les pionniers de la pop baroque, progressive et psychédélique, celui qui trouvait en Aquaserge des grands frères de cœur et d’esthétique, auteur en solitaire (ou presque) de la « belle ouvrage rétromaniaque » (dixit The Drone) Rhapsode en 2014. Passé par le metal, le garage, le hip hop, il avait longtemps cherché, brassé, diggé, remontant aux sources avec le sérieux du jeune homme en quête de territoires à occuper. Touche-à-tout insatiable, il signait des clips déments pour Dizzee Rascal ou Disclosure quand il ne battait pas la campagne pour découvrir de nouveaux instruments (le film Le Bon Coin Forever).

On retrouve Emile Sornin le (jeune) père, l’artiste adoubé, homme-studio conscient de ses influences essentielles (les BO du cinéma 70’s français – Philippe Sarde, François De Roubaix, Francis Lai – plutôt que celles du giallo italien, les pionniers synthétiques Wendy Carlos ou Mort Garson, la library music façon Camille Sauvage, Claude Vasori et Roger Roger), capitaine d’un groupe de scène aussi dense que soudé. Celui que le producteur Sebastian a appelé au chevet du prochain album de Charlotte Gainsbourg (scoop). Celui qui vient de mettre au monde La Pantoufle.

D’une rive à l’autre, Emile Sornin a fait entrer dans sa musique l’humour et l’autodérision qu’il n’osait autrefois assumer. Il a quitté l’anglais pour explorer de biais sa langue natale, celle qui dit « ça lance », « ça m’est égal » et « c’est pas si dégueu ». Il a lâché les chevaux de sa verve instrumentale, plus obsessionnel que jamais dans l’arrangement, plus jazz et nerveux dans l’exécution, ne reculant devant aucun effet dramatique pour saisir nos perceptions.

Surtout, il est allé puiser dans ses propres souvenirs et trous de mémoires (« La pantoufle dans le puits », « La soupe à la grolle », « les groseilles au fond du jardin ») pour en faire matière à suspense, à fiction, à interprétations. Construit comme un film imaginaire où les genres se percutent d’une scène à l’autre (polar, romance, comédie, érotisme, slasher, tout y passe), La Pantoufle puise dans les joies et terreurs de l’enfance pour mieux les réenchanter. C’est ainsi que Forever Pavot assume son rôle de « Père », posant les fondations d’un avenir radieux.

Michael Patin

photos : Corentin Fohlen

© Corentin Fohlen/ Divergence. Portrait du musicien Emile Sornin, du groupe FOREVER PAVOT

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We used to know Émile Sornin as the son, the pupil, who saw fathers of his among the pioneers of baroque, progressive and psychedelic pop; who found big brothers by heart and aesthetics in Aquaserge; the (nearly) solitary creator of the “fine retro-maniac piece of work” (The Drone), Rhapsode, in 2014. After experiences in metal, garage, hip hop, he had spent a lot of time exploring, mixing together, digging, getting to the roots with the seriousness of a young man on a quest for territories to occupy. An insatiable jack-of-all-trades, he directed delirious videos for Dizzee Rascal or Disclosure when he wasn’t combing the countryside to discover new instruments (the movie Le Bon Coin Forever).

Here is Émile Sornin the (new) father, the dubbed artist, the one-man-studio fully aware of his essential influences (French 70s movie soundtracks – Philippe Sarde, François De Roubaix, Francis Lai – rather than Italian giallo soundtracks, synth pioneers such as Wendy Carlos or Mort Garson, library music à la Camille Sauvage, Claude Vasori and Roger Roger); the captain of a dense, tight live band. The man called by producer Sebastian to the bedside of – scoop – Charlotte Gainsbourg’s next album. The man who just gave birth to La Pantoufle.

From shore to shore, Émile Sornin incorporated into his music the humor and self-mockery he didn’t dare to embrace in the past. He dropped English to explore sideways his mother tongue, the tongue that says “ça lance”, “ça m’est égal”, and “c’est pas si dégueu”. He unleashed his instrumental eloquence – more obsessive than ever arrangement-wise, more jazz and nervous execution-wise, not balking at any dramatic effect to seize our perceptions.

Most importantly, he drew on his own memories and blanks (“La pantoufle dans le puits”, “La soupe à la grolle”, “Les groseilles au fond du jardin”) to give rise to suspense, fiction and interpretations. Built as an imaginary movie in which genres collide from one scene to the next (crime film, romance, comedy, erotica, slasher – you name it), La Pantoufle draws on childhood joys and terrors, only to reenchant them. This is how Forever Pavot takes on its role as a “Father”, laying the foundations for a bright future.