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artist : MAR VISTA

Release date : June 27, 2026
genres : PSYCH/ ELECTRONIC PROG
format : DOUBLE LP
reference : BB197LP

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BANDCAMP

MAR-VISTA “VISIONS OF SODAL YE”

jean Skowron

ENGLISH TEXT BELOW

L’histoire de Mar Vista commence dans le Nord de la France, à Lille, au début des années 1970, par la rencontre de deux passionnés de musique : Claude Cuvelier et Jean Skowron. Leur connexion se fait par l’intermédiaire du frère de Claude. À cette époque, Jean se distingue déjà lors de concerts de blues par une approche sonore singulière : il place des micros dans des valises qu’il frappe pour produire des sons bruts et primitifs – une démarche expérimentale qui impressionne immédiatement Claude.

Claude, nourri par la scène rock des années 60 avec son premier groupe The Eaglestones, avait déjà un parcours musical bien entamé. Après la dissolution de ce groupe à la fin de son service militaire, il explore en solo des sonorités folk et blues, tout en découvrant de nouvelles influences majeures : Terry Riley, La Monte Young, la musique balinaise, ainsi que la scène allemande émergente – Kraftwerk, Popol Vuh, Tangerine Dream, Ash Ra Tempel, Neu!, Klaus Schulze.

Jean, de son côté, puise son inspiration dans Pink Floyd, Alan Parsons ou encore Tangerine Dream. Rapidement, une vision commune se dessine : créer une musique répétitive, planante, libérée des formats traditionnels. En 1973, ils donnent naissance à Mar Vista, avec l’envie de composer des œuvres longues, immersives, parfois construites autour d’un seul accord, dans l’esprit de la musique balinaise.

Le duo s’équipe progressivement : un Mini Korg en 1972, un synthétiseur Yamaha, un orgue Farfisa, et même une boîte à rythmes découverte par hasard lors d’un passage télévisé d’Henri Salvador. Le home-studio devient leur sanctuaire créatif. Jean travaille sur un magnétophone Teac 4 pistes, Claude sur un modèle Phillips. Chacun compose librement sa propre face du futur album, tout en collaborant sur les idées de l’autre. Alors que la face A portée par Jean est davantage ancrée dans les musiques prog électronique de l’époque sous influence de Heldon, Amoon Düül, ou Soft Machine. La face B qui porte davantage l’empreinte de Claude et de ses influences (Terry Riley, La Monte Young) se veut beaucoup plus expérimentale et consiste en une grande plage instrumentale trippée de 22 minutes.

Sur ce disque, Jean compose notamment «Her Eyes Are Closed» (avec sa femme) et imagine l’introduction sonore avec un réveil. Les transitions atmosphériques sont réalisées à partir de «white noise» généré par un synthé Yamaha.

En 1976, après avoir essuyé les refus de plusieurs labels (ils auraient rêvé de signer sur le label Brain de Dusseldorf (Neu!) mais n’ont pas osé leur envoyer leur morceaux), ils auto-produisent «Visions of Sodal Ye», un disque rare tiré à 150 exemplaires, et pressé par Le Kiosque d’Orphée. Les pochettes sont faites main. Une photo est collée de chaque côté de la pochette, et le nom du groupe ainsi que le titre de l’album sont écrit avec du vernis à ongle saupoudré de paillettes argent. Malgré une diffusion confidentielle à sa sortie, l’album est aujourd’hui considéré comme l’un des plus remarquables albums du genre sorti en France. Un second projet d’album inspiré par l’univers de H.P. Lovecraft était en gestation, mais les responsabilités familiales viendront freiner cet élan créatif.

Claude Cuvelier

Concernant les concerts, le groupe se produira peu en live, jouant pour l’essentiel dans les circuits squats ou anarchistes de l’époque. D’ailleurs dans cette réédition que vous tenez entre les mains, le second vinyle composé d’inédits, reprend des morceaux improvisés, sans synthés, qui ont été enregistrés en live en aout 1973 sur une colline près de Valence, dans le jardin de la maison d’amis (Hervé et Martine). Ces titres retrouvés figuraient jusqu’à alors sur une k7 détenue par l’un de leur proche. Les titres Expedition et Crash73 quand à eux sont de 1975 et sont restés à l’état de démo.

Les années passent, les deux musiciens prennent des chemins différents. Claude reste actif dans le milieu musical, entre radios, foires aux disques et fanzines comme L’Écho d’Hector ou Le Poireau Gabardine. La disparition de Jean marquera profondément Claude, mais ne l’empêchera pas de revenir à la musique. Poussé par la nostalgie de Mar Vista, il remet ses synthétiseurs en route, modernise son équipement, et reprend la création.

Mar Vista ne s’est jamais vraiment arrêté. Il survit comme une pulsation discrète mais persistante, à l’image de sa musique : hypnotique, libre, et résolument en dehors des sentiers battus.

Sacha Sieff et Jean-Baptiste Guillot

///////////////ENGLISH//////////////////

The story of Mar Vista begins in northern France, in Lille, in the early 1970s, with the meeting of two music enthusiasts: Claude Cuvelier and Jean Skowron. They connected through Claude’s brother. At that time, Jean was already standing out at blues concerts for his singular sonic approach: he placed microphones inside suitcases that he struck to produce raw, primitive sounds — an experimental process that immediately impressed Claude.

Claude, shaped by the 1960s rock scene with his first band The Eaglestones, already had a solid musical background. After the group dissolved at the end of his military service, he explored folk and blues sounds as a solo artist, while discovering major new influences: Terry Riley, La Monte Young, Balinese music, as well as the emer- ging German scene — Kraftwerk, Popol Vuh, Tangerine Dream, Ash Ra Tempel, Neu!, Klaus Schulze.

Jean, for his part, drew inspiration from Pink Floyd, Alan Parsons, and Tangerine Dream. A shared vision quickly took shape: to create repetitive, atmospheric music, freed from traditional formats. In 1973, they gave birth to Mar Vista, with the desire to compose long, immersive works, sometimes built around a single chord, in the spirit of Balinese music.

The duo gradually equipped themselves: a Mini Korg in 1972, a Yamaha synthesizer, a Farfisa organ, and even a drum machine discovered by chance during a television appearance by Henri Salvador. The home studio became their creative sanctuary. Jean worked on a 4-track Teac tape recorder, Claude on a Philips model. Each freely composed their own side of the future album, while collaborating on each other’s ideas. Side A, led by Jean, is more rooted in the progressive electronic music of the time, influenced by Heldon, Amon Düül, and Soft Machine. Side B, bearing more of Claude’s imprint and his influences (Terry Riley, La Monte Young), is far more experimental and consists of a 22-minute trippy instrumental piece.

On this record, Jean notably composed “Her Eyes Are Closed” (with his wife) and imagined the sound introduction using an alarm clock. The atmospheric transitions were created from white noise generated by a Yamaha synthesizer.

In 1976, after facing rejections from several labels ((they dreamed of signing with the Düsseldorf label Brain — home of Neu! — but never dared to send their tracks), they self-produced “Visions of Sodal Ye,” a rare record pressed in only 150 copies by Le Kiosque d’Orphée. The sleeves were handmade. A photo was glued on each side of the cover, and the band name and album title were written with nail polish enhanced with silver glitter. Despite its confidential release at the time, the album is now consi- dered one of the most remarkable works of the genre ever released in France. A second album project inspired by the universe of H. P. Lovecraft was in progress, but family responsibilities slowed this creative momentum.

As for concerts, the band performed live only rarely, mainly within the squat and anar- chist circuits of the time. Moreover, on this reissue you are holding, the second vinyl — composed of unreleased tracks — features improvised pieces without synthesizers, recorded live in August 1973 on a hill near Valence, in the garden of friends (Hervé and Martine). These rediscovered tracks had until then existed only on a cassette tape kept by a close acquaintance. The tracks Expedition and Crash73, meanwhile, date from 1975 and remained in demo form.

As the years passed, the two musicians took different paths. Claude remained active in the music scene, through radio, record fairs, and fanzines such as L’Écho d’Hector and Le Poireau Gabardine. Jean’s passing deeply affected Claude, but did not prevent him from returning to music. Driven by nostalgia for Mar Vista, he powered up his synthesizers again, modernized his equipment, and resumed creating.

Mar Vista never truly stopped. It survives like a discreet yet persistent pulse, much like its music: hypnotic, free, and resolutely off the beaten path.

Sacha Sieff et Jean-Baptiste Guillot