Wizzz Volume2 cover

INFOS RELEASES

artist : Various

Release date : October 6 2008
genres :
format : CD/LP/DIGITAL
reference : BB013

BB013 – WIZZZ French psychorama 1966-1070 VOLUME 2

FORT D’UN PREMIER VOLUME EN 2002 QUI GENERA UN ENGOUEMENT SANS PRECEDENT POUR LA POP ALTERNATIVE  60’S MADE IN FRANCE, WIZZZZZZZ S’EST IMPOSE COMME LA COMPILATION DE REFERENCE DU GENRE… DES JERKS ENDIABLES, DES TRUCS CHELOU SORTIES DE NULLE PART, DES PAROLES INSENSEES, ET TOUJOURS CE GOUT PRONONCE POUR LA DERISION, ET  CE SOUCIS DE FAIRE VALOIR LA CREATIVITE D’ARTISTES FRANÇAIS QUI ONT CHERCHE A ROMPRE AVEC LE DIKTAT YEYE DE L’EPOQUE.

 

ALORS, SI POUR VOUS LA FRANCE DES SIXTIES SE RESUME AUX INOFFENSIFS ADAMO ET SHEILA, CE NOUVEAU RECUEIL DE TITRES RARES ET INEDITS EXHUMES DES BAS-FONDS DE LA POP SIXTIES MADE IN FRANCE POURRAIT BIEN VOUS FAIRE PRENDRE CONSCIENCE DE LA RICHESSE ET TEMERITE DE QUELQUES PARENTS PAUVRES DE GAINSBOURG ET AUTRES FREAKS PASSE COMPLETEMENT INAPERÇU DU TEMPS DE SALUT LES COPAINS. WIZZZZ 2 EXHUME ET REHABILITE DONC CES GENIES ET BRICOLO DE L’UNDERGROUND QUI ONT RIVALISE D’INVENTIVITE ET D’AUDACE POUR FAIRE TAIRE A JAMAIS LES MAUVAISES LANGUES PRETENDANT QU’EN TERME  DE POP LA FRANCE ETAIT A LA TRAINE.

INCLUS LIVRET 38 PAGES AVEC BIOGRAPHIET ET PHOTOS DE CHAQUE ARTISTE.

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SINCE THE SUCCESS OF THE FIRST VOLUME IN 2002, WIZZZ HAS BEEN CONSIDERED THE BENCHMARK COMPILATION OF FRENCH SIXTIES ALTERNATIVE POP. IT LAUNCHED AN UNPRECEDENTED CRAZE FOR THIS RARE BREED OF DISC, FEATURING EXCEPTIONALLY DANCEABLE RHYTHMS, TWISTED SOUNDS FROM ANOTHER WORLD AND DEMENTED LYRICS, COUPLED WITH AN UNDERLYING SENSE OF MOCKERY. IT FOCUSES ON THE CREATIVITY OF THESE FRENCH ARTISTS WHO DARED TO BREAK WITH THE BORING COMMERCIAL CONVENTIONS OF THEIR ERA.

 

IF YOUR NOTION OF FRENCH SIXTIES MUSIC IS BASED ON INNOCUOUS HITS FROM THE LIKES OF ADAMO AND SHEILA, THIS NEW COLLECTION OF RARE AND UNRELEASED TRACKS, UNEARTHED FROM THE OBSCURE DEPTHS OF “MADE IN FRANCE” POP, WILL ASTONISH YOU WITH THE BRILLIANCE AND DARING OF A FEW OF THEIR DERANGED COUSINS, WHO PASSED COMPLETELY UNNOTICED IN THE EPOCH OF GAINSBOURG. WIZZZ 2 REDISCOVERS AND REVITALIZES THESE UNDERGROUND GENIUSES AND FREAKS. THEIR AUDACITY AND INVENTIVENESS REFUTES THOSE WHO SNEER ABOUT THE ALLEGED INFERIORITY OF FRENCH POP.

 INCLUDE A 38PAGES BOOKLET

 

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SAN ANTONIO

« Pour haïr il faut mobiliser sa bile, alors qu’emmerder vous laisse paisible.

Dans le fond, Il faut une belle sérénité d’âme pour emmerder les gens qui vous emmerdent….” San Antonio.

En ouverture, honneur à San Antonio, héros éponyme des truculents romans de Frédéric Dard, dont le désabusé et funkisant « J’aime ou j’emmerde », sorte de manifeste du je m’enfoutisme, ne pouvait pas mieux servir le propos de la compilation WIZZZ.

Pour ce qui est de la genèse du titre, c’est au cours d’un repas bien arrosé entre Frédéric Dard et Richard Bennett, directeur artistique chez Polydor, que germe l’idée de publier un album concept à la gloire de l’inspecteur San Antonio. Dard est tout de suite emballé, et une équipe est rapidement constituée. Philippe Nicaud, qui a déjà sorti l’album paillard « Chansons cu-rieuses » avec Charles Aznavour et le cultissime album « Erotico Nicaud »[1], apparaît comme l’homme de la situation. Il vient ainsi interpréter quelques titres et prêter sa plume aux délires grivois et pensées profondes de San Antonio. Guy Skornik se voit quant à lui confier la composition de l’essentiel des morceaux, et apporte la caution d’jeuns. L’équipe s’adjoint aussi les services de Pierre Doris, Robert Manuel, et Frédéric Dard himself, qui se prêtent au jeu en venant déclamer quelques titres aussi mémorables que «Le dentier de tonton», ou «La nuit de noces de Beru».

Les sessions achevées, Richard Bennett fait écouter goguenard les bandes à sa direction. Ses patrons sont alors outrés par la gauloiserie de ce qu’ils entendent et c’est uniquement pour des raisons contractuelles que Polydor se résout à publier l’album. San Antonio « Deconorama » sort donc mais de façon tellement confidentielle que les principaux intéressés ne sauront même pas que le disque a été commercialisé…

A noter que le titre de Nelly Perrier « un soir d’été », morceau erotico-rigolo présent sur la présente compil, est aussi le fruit d’une collaboration fumeuse de Philippe Nicaud avec son ami Gérard Gustin, le mari de Nelly Perrier. Il est en de même pour « bonne nuit Chuck » qui est un titre extrait de son album « Erotico Nicaud » que l’on retrouve aussi ici. WIZZZ aime Philippe Nicaud !!!

 

CHORUS REVERENDUS

Haut les cœurs ! Germinal Tenas, initiateur du projet Chorus Reverendus, est avec le recul l’un des producteurs majeurs de la contre-culture 60’s en France. Apôtre de la dérision et de la bidouille sonore, ses quelques productions durant les années 60 seront autant de pieds de nez à la mascarade yéyé.Fils d’immigrés espagnol ayant fuit le régime franquiste pour venir s’installer à Toulouse, Germinal Tenas est un véritable « enfant de la balle ». Dès 7 ans, il se produit avec son père, guitariste professionnel, dans des spectacles de flamenco.Engagé pour l’arbre de noël d’une société locale, Germinal  partage le programme des réjouissances avec Christian Fechner, un autre enfant-artiste dont les numéros de ventriloquie et de prestidigitateur font mouches. C’est la naissance d’une longue amitié entre les 2 gamins

Germinal et Christian découvrent ainsi à la radio « Souvenirs souvenirs », premier morceau d’un dénommé Johnny Hallyday (1961). C’est  la révélation et Fechner, sous couvert d’aller suivre des études à Toulouse, en profite en réalité pour glander ferme avec Germinal. Ils traînent beaucoup au café « Le Père Léon » où toute la jeunesse rock’n’roll toulousaine se retrouve, avec dans ses rangs Ticky Holgado[1] et Mike Shannon[2].

Ticky Holgado, qui souhaite monter le groupe Ticky James et les Plastiqueurs du Rock, recrute des musiciens. Germinal auditionne, mais se fait recaler : trop jeune ! Germinal décide donc de monter sa propre formation. Elle s’appelle dans un premier temps Les Conquérants avant de se rebaptiser rapidement Les Caïds. La moyenne d’age du groupe est d’à peine 14 ans !

Lors d’un radio crochet organisé par Radio Andorre, Les Caïds gagnent la finale à l’issue de longues sélections parmi 1500 candidats. Le premier prix étant l’enregistrement d’un 45t chez Barclay, Les Caïds montent donc à Paname courant 1963. Le EP sort et devient directement N°1 au hit parade de Radio Andorre.

Germinal, gonflé à bloc, veut partir à la conquête du reste de la France, et souhaite que le groupe s’installe à Paris. Les parents des musiciens s’y opposent du fait de leur jeune age, et Germinal doit se résigner à monter seul à la capitale. Il est entendu avec ses parents qu’il passera les vacances à Paris, histoire de prendre la température…

Son séjour dans la capitale se déroule mal, et Germinal est désemparé par la découverte de l’âpreté de ce métier. À la veille de son départ, il croise dans le métro à la station Richelieu Drouot, Christian Fechner. Celui-ci est venu aussi à Paris, pour tenter sa chance sans davantage de résultats. Ces retrouvailles les encouragent à prolonger leur séjour, ils démarcheront désormais ensemble les maisons de disques.

Ils multiplient les auditions… sans succès. L’argent manquant, la mère de Germinal décide de s’installer aussi à Paris afin de pourvoir aux besoins de Christian et son fils. À défaut de pouvoir faire valoir leurs propres compositions et d’épouser la carrière de chanteurs qu’ils convoitaient, Ils décident alors de devenir Directeur Artistique. Après tout, ils estiment que leurs débuts précoces dans le monde du spectacle suffisent à légitimer leur candidature et qu’ils ont une expérience suffisante pour pouvoir prétendre à ce poste. Léon Cabat, patron des disques Vogue, les reçoit donc en entretien et découvre amusé qu’il s’agit de 2 enfants. Impressionné par leur assurance et leur culot, il accepte de les prendre à l’essai. C’est la première fois dans la profession qu’un tel poste est confié à d’aussi jeunes gens. L’industrie du disque est en effet encore aux mains de vieux renards qui décident, non sans cynisme, des besoins et envies des kids de l’époque.

Nos deux gamins travaillent alors aux côtés de Jacques Volfson (qui a découvert notamment Johnny, Françoise Hardy, et plus tard Dutronc) qu’ils ont tôt-fait de rendre hystérique par leur insolence. Toujours fascinés par le rock’n’roll, ils signent les Problèmes (futur Charlots) pour qui Germinal écrit le texte de « Passe ton chemin », titre de leur premier EP et morceau d’anthologie du garage punk français. Le coup d’éclat du tandem Fechner-Tenas sera évidemment la découverte d’Antoine et son carton sans précédent, mais c’est une autre histoire…

Fechner étant désormais entièrement accaparé par Antoine, Germinal se replie sur des projets plus personnels. Cela fait quelque temps déjà qu’il envisage la mise en orbite d’une créature qui saura mêler le détachement et la douceur d’une Françoise Hardy à la violence et la démence de textes cruels. Ce projet s’incarnera en la personne de Clothilde. Il sortira ainsi deux 45t successifs majeurs (en 1966) qui font désormais figure de chef d’oeuvre de la pop française (Arrangements aventureux, textes pince-sans-rire irrésistibles, etc…).

L’autre projet essentiel de Germinal Tenas sera l’ambitieux Ep de Jean-Bernard de Libreville qu’il produit en 68 : rencontre conceptuelle du dandysme, du surréalisme et du punk avant l’heure. Ce disque visionnaire, déglingué et foutraque trouvera un accueil dithyrambique dans la profession mais pas auprès d’un public toujours aussi autiste et frileux. Le disque de Jean-Bernard de Libreville reste encore à ce jour l’un des plus beaux Ovni musicaux produits en France.

Ses productions avant-gardistes et folles auront finalement raison de la patience de Léon Cabat et Germinal quittera VOGUE pour créer son propre label THERMIDOR ORGANISATION afin de laisser libre cours à sa soif de créativité.

Sa première sortie sera le CHORUS REVERENDUS ici compilé, pendant trippé français des Mama’s and Papa’s, mais toujours avec cette dérision, et cette insolence qui caractérisent les productions de Germinal. Les sessions d’enregistrement se feront sous la houlette de Bernard Estardy au studio CBE courant 69 et reprennent les techniques de productions développées par Germinal chez Vogue (Bandes passées à l’envers, proto-samples, etc).

Pour les besoins du label, il s’associe à Barclay qui s’engage à distribuer les disques en contrepartie d’une avance remboursable équivalente à 45000 euros (une véritable fortune pour l’époque !)

Le disque reçoit un bon accueil chez les professionnels, mais Barclay ne met pas le disque en bac, et fait machiavéliquement un procès à Thermidor pour que l’avance lui soit remboursée. Faute de ventes et – par voie de conséquence – de trésorerie, Thermidor est dans l’impossibilité de rembourser la somme réclamée. Le label mort né est donc mis en liquidation.

S’ensuit une période difficile pour Germinal. Il sort sous son propre nom cette fois ci le 45t « Claustrophobie et Asphyxie » sur le label Compact  au début des années 70 puis s’offre une reconversion réussie dans la publicité, ou il signera notamment la mémorable campagne « Ticket chic, ticket choc » de la RATP, puis les génériques de nombreuses émissions dont PALACE, ainsi que de nombreuses bandes originales, dont celle du Bâtard de Dieu qui fera l’unanimité dans la profession et remportera de nombreuses récompenses.

Récemment, Germinal a signé la BO de Chouchou et de L’antidote, le dernier film de Jacques Villeret. Il travaille désormais à la création d’une comédie musicale autour du thème de Monte Cristo.

 

SERGE FRANKLIN

Serge est né à Montluçon, où sa famille s’était réfugiée sous l’occupation. L’armistice signé, sa famille décide de venir s’installer à Paris. Il est  scolarisé au lycée Janson de Sailly où il découvre Les Shadows. Comme pour beaucoup de jeunes de l’époque, c’est la révélation ! Il s’initie donc à la guitare électrique avant de monter, avec des copains du lycée, un groupe instrumental : Les Blazers (1963).

Après le lycée, Serge décide de se consacrer à des études de droit, mais déchante rapidement tant cette matière l’ennuie.

Le carton d’Antoine et plus généralement la politisation de la jeunesse encouragent alors les maisons de disques à prospecter pour trouver des artistes engagés. Serge Franklin, qui interprète déjà des chansons contestataires dans de nombreuses manifestations étudiantes de gauche, a le profil idéal.

Sur les conseils d’un ami, il accepte d’aller auditionner chez EPIC, label en quête de nouveaux talents. EPIC est emballé et son premier EP sort ainsi rapidement (1966). Le 45 tours couple « Le président », « Le chanteur engagé », « Le ku klux klan » et « Les abris anti-atomiques »  dont Les textes adultes et protestataires tranchent avec la mièvrerie des chansons de ses homologues. Sur le morceau « Ku Klux Klan », ici compilé, Serge utilise des chaînes qu’il fracasse sur le sol pour accentuer le côté oppressant de la chanson.

Le disque connaît un petit succès d’estime en se vendant à 2000 exemplaires, ce qui encourage EPIC à sortir un second Ep (« Hiroshima ») dans la même veine.

Fin 60, au cours de vacances en Inde, Serge découvre la musique indienne, et tout particulièrement le sitar, des sonorités duquel il s’éprend. Sur les conseils de Ravi Shankar qu’il a sollicité à l’issue d’un concert parisien, il s’initie alors dans son coin à cet instrument exotique.

Il signe ensuite chez AZ, où Lucien Morisse sort le SP « Exister » (1968), morceau déflagrateur au texte existentialiste et aux arrangements détonants, à base de sitar (cf Ils sont fous ces gaulois vol 1). Le disque trop avant-gardiste ne marchera pas et Serge décide de partir s’installer en Inde pour perfectionner son jeu.

De retour en France (1970), il monte le projet « Free Sitar », orchestre pop  orientalisant avec lequel il tourne pendant 4 ans.

Sa maîtrise parfaite et complète (pop mais aussi raga traditionnel) de cet instrument qui compte très peu de pratiquant en Europe, le rend rapidement incontournable. Il multiplie les collaborations, et se retrouve rapidement de tous les coups, de toutes les BO. Il bosse ainsi pour les plus grands, et multiplie les sessions studio avec François de Roubaix, Georges Delerue, ou Michel Legrand.

Il publie  aussi une série de disques de librairies musicales aux sonorités ethniques qui revisitent de façon personnelle et occidentalisée la musique traditionnelle des 5 grands continents. Prémices de la World-music, un des morceaux issus de ces illustrations sonores sera utilisé quelques années plus tard pour la pub OBAO et restera la signature sonore de la marque pendant une dizaine d’années.

Début 70, sa rencontre avec le metteur en scène Jean-Louis Barrault sera décisive et annoncera un nouveau tournant dans sa carrière. Ce dernier  lui confiera l’habillage de nombreuses pièces de théâtre. Serge deviendra ainsi le compositeur attitré de la compagnie Renaud-Barrault. Du théâtre, il basculera ensuite rapidement vers la TV (BO du téléfilm «Thomas Guerin »notamment), puis apprenant en autodidacte à diriger un orchestre philarmonique, il se tournera ensuite vers le grand écran, avec les BO du Grand Pardon, Carnaval, Le Coup de Sirocco, Hold up, etc..

 

GUY SKORNIK

 

Précoce, Guy Skornik commence à apprendre le piano à l’age de 5 ans. Un parcours très classique consacré par plusieurs prix au Conservatoire National supérieur de musique de Paris en piano, harmonie et composition semblent le destiner à une carrière toute tracée dans la musique classique.

Cependant, pour se distraire, Guy bricole déjà entre ses gammes des titres plus légers aux textes poetico-déments. En goguette chez Beuscher (librairie musicale du boulevard Beaumarchais toujours en activité), il interprète quelques-uns de ses titres sur un piano d’exposition. Paul Beuscher, séduit par la singularité de ses compositions, fait enregistrer à Guy des démos qu’il fait suivre à son ami Richard Bennett (encore lui ! Souvenez-vous« j’aime ou j’emmerde »), alors directeur artistique chez Polydor.

Richard est enthousiaste et signe Guy Skornik pour un EP (1966). Le disque ne fonctionne pas très bien commercialement, mais décroche le Prix de la Critique à la Rose d’or d’Antibes (sorte de prix Constantin de l’époque). Fort de cette récompense, Richard donne l’opportunité à Guy d’enregistrer un nouveau 45t avec notamment le titre « Hippy aime le monde (mais le monde n’aime pas hippy) » aux arrangements orientalisants. Le disque reçoit un bon accueil dans les milieux “branchés” parisiens, et chez Europe 1 qui par l’entremise de sa programmatrice Arlette Tabart, bastonne le titre sur les ondes. Les ventes ne décolleront pas malgré tout.

Richard Bennett, qui multiplie les projets jugés farfelus aux yeux de sa direction, n’est plus en odeur de sainteté chez Polydor qui décide de le licencier. Privé du soutien de son ami, Guy devient plus ou moins indésirable, et un terme est rapidement mis à son contrat.

Avant son licenciement, Richard Bennett avait présenté Guy à Pierre Bourgoin, patron de Pathé Marconi (1969). Ce dernier séduit par l’univers de Guy accepte de prendre le relais et l’engage. Un premier album « Pour Pauwels », en forme d’hommage à l’auteur de l’ouvrage sur l’ésotérisme Le Matin des magiciens voit ainsi le jour (1969). L’album reprend les grands thèmes et les idées avancées dans l’oeuvre de Louis Pauwels et Jacques Bergier. En terme de couleur musicale, nous sommes alors assez proche artistiquement du premier album de Gérard Manset « La mort d’Orion ».

S’ensuit dans la foulée le projet POPERA COSMIC en collaboration avec William Sheller : BO du spectacle très avant-gardiste de François Wertheimer, allégorie hallucinée sur la religion et l’attente d’un nouveau messie qui ne verra pourtant jamais le jour faute d’investisseurs suffisants. Ne reste qu’un disque étrange et délirant.

En parallèle à la sortie de ses disques, Guy commence en 1969 à travailler pour la télévision notamment avec le réalisateur Jean Kerchbron, pour lequel Il compose la musique d’une comédie musicale spéciale pour noël « Une nuit à Paris ».

En 1971, Guy écrit « IL » pour Gérard Lenorman qui devient le tube que l’on sait et lance sa carrière. Dans la foulée, Il compose deux tubes de Michel Delpech “62 nos quinze ans” (450 000ex) et « Les aveux » (650 000 ex).

Désormais chez Philips, il sort son deuxième album “Histoire de Fous” en 1973 et  “Histoires d’Amour” en 1974. Ces disques marchent peu en France mais ont un succès au Québec où il s’en écoule 50 000 exemplaires.

Ses droits d’auteur lui permettant de voir venir, il décide alors de partir dans le nord de l’Inde pour rencontrer les lamas tibétains. A son retour, il compose l’album “Namasté” (1976).

Féru d’ésotérisme et de New age, Guy deviendra ensuite chroniqueur pour l’émission « Un sur Cinq »  sur Antenne 2 en 1976 ,qu’il co-présente avec Didier de Plaige. L’émission qui s’adresse aux ados traite des phénomènes surnaturels, de la médecine douce et de toute forme d’ésotérisme. Il co-anime également avec Didier de Plaige et Jean-Louis Foulquier des quotidiennes sur France Inter en 1978 et en 1979, sur les mêmes thématiques.

En 1979 ,il compose l’album “Ils viennent du Futur” .

En 1980, il crée la radio pirate ICI ET MAINTENANT avec sa compagne Zab et son ancien comparse de télévision Didier de Plaige. Cette radio expérimentale, et sans grille de programmes, est ouverte librement aux auditeurs qui peuvent apporter en direct leurs contributions, et diffuser leurs propres disques. Pourtant pionnière dans son genre, La loi de 81 sur les radios libres n’entérine pas l‘autorisation de diffusion pour ICI ET MAINTENANT, qui reste illégale. S’ensuit une grève de la faim de Guy et Didier de Plaige très médiatisée qui leur permettra d’obtenir au forceps l’autorisation d’émettre. En 83, Guy et Zab abandonnent la radio,suite à des problèmes de financement et une certaine lassitude due aux dérives répétées d’auditeurs indésirables venant faire de la provocation sur les ondes . (Radio Ici et Maintenant existe toujours sur la bande FM parisienne).

Par la suite, Guy et Zab équipent leur home-studio et composent pour la télévision, des téléfilms, films d’animation, documentaires etc…

En 1991, ils créent le premier habillage musical de la toute jeune chaîne culturelle : ARTE et depuis 2000 ils composent des disques d’illustrations sonores, édités par Koka Média et Cézame et utilisés par les professionnels de l’image en Europe, aux Etats Unis et au Japon.

LES ZORGONES

 

En 65, Lucien Zabuski dit Zabu est fasciné par la Beat génération et décide de partir à son tour faire la route. Au cours de son périple, il rencontre lors d’une escale au Club Méditerranée, dans le sud, Michel Dargeant qui est en train de monter un groupe. Fait plutôt rare à l‘époque, Zabu est bilingue en anglais et c’est naturellement que Michel lui propose d’officier du coup au chant. Lors de leur pérégrination, il tombe sur Laurent Thibault, qui possède une très rare basse Hofner flambant neuve (la même que Mc Carthney), ce qui suffit largement pour Michel et Zabu à légitimer sa place au sein du groupe.

Le groupe ainsi rapidement constitué n’a pas encore de nom mais accepte déjà quelques engagements. Pour étoffer la section rythmique, Francis Moze les rejoint rapidement à l’orgue.

Ils jouent dans les galas d‘école, et quelques fêtes privées mais sans grande ambition si ce n’est se faire un peu d’argent de poche.  Leur répertoire est composé exclusivement de reprises de groupes anglais de Rythm and blues (Yardbirds, VIP’s « I wanna be free », etc).Lors d’une soirée entre amis, l’un de leurs copains Patrick Grünsberg dit Minou leur demande s’ils ont déjà entendu parler des travaux du Docteur Wilhelm Reich, psychanalyste allemand mort dans les années 50, qui aurait réussi à identifier et isoler une hormone chimique, le zorgone, responsable de l’orgasme chez l’humain. L’idée du Zorgone, comme molécule génératrice de l’énergie sexuelle, amuse le groupe qui décide aussitôt de se baptiser du nom de cette dernière.

Laurent Thibault, le bassiste, est employé chez Barclay où il bosse à la commercialisation des disques d’artistes étrangers (Hendrix et Cie…). Cela tombe plutôt bien, car à défaut de pouvoir signer chez Barclay, Laurent Thibault a quelques relations qui lui permettent de décrocher un rendez-vous et rejoindre l’écurie Mercury.

En 68, ils rentrent ainsi en studio pour enregistrer un album. Zabu, très engagé, écrit des textes polémiques et politiques dont un brûlot virulent contre Charles De Gaulle. Face à ces dérives, Mercury qui craint les polémiques préfère mettre un terme à l’enregistrement et détruit l’acétate. Après moult hésitations, le label accepte tout de même qu’un 45T sorte (1968). « Le vélo bleu» couplé à « Her Doctor Reich » qui caricature non sans humour les travaux de recherche du fumeux savant Reich. Le disque sort confidentiellement et Zabu lui même n’apprendra qu’a posteriori que le disque a finalement été publié.

En dépit de quelques concerts des ZORGONES, le groupe part à vau l’eau. Suite au départ de Geza Fenzl,  parti fonder le groupe Dynastie Crisis, Christian Vander le remplace à la batterie.

L’un des disques qui fait à l’époque l’unanimité au sein de cette nouvelle formation des Zorgones est l’album de Pharaos Sanders, un saxophoniste de Jazz dont le titre « Upper and lower Egypt » qui mélange scat et free-jazz les fascine. De la découverte de cet album germe l’idée du Kobaien, qu’ils conçoivent initialement comme une simple dégénérescence du scat, avant de devenir sous l’influence de Christian Vander un langage à part, structuré et codifié.

 

En juillet 69, ils font une tournée des casinos pour cachetonner sous le nom de CARNABY STREET SWINGERS, tournée au cours de laquelle ils éprouvent et rodent leurs premiers titres en kobaien.

 

A l’issu de cette tournée, Zabu quitte le groupe. Pour entériner le départ de leur chanteur et mieux coller à leur nouvelle direction musicale, les ZORGONES se rebaptisent  MAGMA. Ils ne le savent pas encore, mais ils sont à l’aube de devenir l’un des groupes les plus influents et créatifs au monde. Pour l’heure, nous sommes en 1970, et leur premier album éponyme vient tout juste de sortir chez Philips.

Zabu quant à lui sortira succesivement 2 albums chez THELEME (« My Coffin’s ready » en 72, puis « Zabu and co » en 76).

 

BAIN DIDONC

 

Olympia 63, les Beatles se produisent pour la première fois en France. C’est la grosse grosse claque pour Serge Koolen et sa bande présents dans la salle. A leur retour sur Colombes, ils fondent rapidement en hommage à leurs idoles le groupe Les Peatles, dont le répertoire sous haute influence est composé pour l’essentiel de reprises des Scarabées. En 1964, Ils remportent “Le Concours de Rock de Radio Luxembourg” (future RTL) puis confirment leur succès en remportant le prix du “Meilleur Groupe de Rock and Roll Français des Maisons de Jeunes” à Courbevoie en 65. Bref, Les Peatles jouent beaucoup et ont la côte….

Jacky Guerard les quitte néanmoins, et est  remplacé  par Jean-Pierre Demetri à la guitare. Histoire de s’affranchir en douceur du clin d’œil désormais un peu balourd au FAB 4, le groupe se rebaptise l’air de rien Les Peetles, puis Les Piteuls. En1965, au cours d’une émission de télévision, ils rencontrent sur le plateau Charles Trenet qui est emballé par leur prestation. Soucieux de moderniser son répertoire, il propose de façon inattendue aux Piteuls de l’accompagner au cours de plusieurs galas. Ils prennent ainsi le relais de Django Reinhardt et Stéphane Grappelli pour donner un coup de jeune aux œuvres du fou chantant. Ils en profitent pour s’adjoindre les services de Jean-Jacques Kravetz aux claviers, histoire d’étoffer la section rythmique.

Au cours, d’un gala, ils sont présentés à Richard Bennett (Encore lui, toujours lui !!!)  qui les invite à rejoindre l’écurie Riviera. Ils sortent ainsi sous le nom des Bainc Didonc un excellent EP dont est extrait « 4 cheveux dans le vent » ici compilé.

 

Sous l’emprise du cerveau « malade » de Richard Bennett, Les Piteuls multiplient alors les projets plus ou moins farfelus et loufoques. Ils enregistrent ainsi sous divers pseudonymes – Les Papyvores et Buddy Badge Montezuma – des disques complètement trippés et hallucinés (« Je suis LSDique et paranoïque, c’est psychédélique » extrait du Papyvore) ; mais aussi un EP sous le nom Pierre Paul et Jacques avec le morceau cultissime et Dada « Je suis turc ».

 

En 1967, J.J. Kravetz quitte le groupe et est remplacé par Christian Burguière. Le Rythm and blues battant son plein, Richard Bennett commande aux garçons une adaptation du ” Try A Little Tenderness ” d’Otis Redding.  Ils enregistrent ainsi le déconnant ” Je Travaille à La Caisse” sous le nom de Jelly Roll.

 

En 1970, Serge Koolen et Richard Dewitte partiront fonder avec Joëlle, le groupe Il était une fois, avec le succès qu’on leur connaît grâce au tube « J’ai encore rêvé d’elle ’    »… « Je l’ai rêvée si fort, que les draps s’en souviennent »…  Ummmm……..

 

BRIGITTE FONTAINE 

 

Est-il encore nécessaire de présenter Brigitte Fontaine ? Créature surréaliste et délirante, elle hante le panorama musical français depuis une quarantaine d’année sans avoir jamais rien perdu de sa créativité et de sa folie.

C’est au nord de la Bretagne, à Morlaix, que naît Brigitte Fontaine en 1940. Ses parents sont tous deux instituteurs, ancrés dans la tradition laïque depuis des générations.

Bien avant la musique, sa passion est le théâtre. Solitaire et passionnée, elle dévore de nombreuses pièces et joue dans des troupes amateurs à Morlaix et Brest. A 12 ans, un directeur de troupe la repère, mais ses parents refusent qu’elle quitte si jeune l’école pour le théâtre.

Au début des années 60, son baccalauréat en poche, Brigitte débarque à Paris, bien décidée à monter sur scène. Elle prend des cours d’art dramatique mais finalement, c’est la chanson qui prend le dessus. On la voit dans les cabarets de la Rive Gauche, puis aux Trois Baudets à Montmartre. A La Grande Séverine, elle chante Boris Vian, et à Bobino, elle assure quelques premières parties. En 63, on l’aperçoit même à la télévision dans “Les Mardis de la chanson”. Cultivant déjà un style fantasque et décalé, Brigitte Fontaine se forge très vite une indéniable notoriété dans le milieu du spectacle.

En 1964, elle monte une pièce à la Vielle Grille, “Maman j’ai peur” avec deux jeunes artistes, Rufus et Jacques Higelin. La rencontre Higelin-Fontaine marque pour l’un et l’autre un tournant majeur. Outre l’immense amitié qui naît entre eux, démarre une complicité artistique et humaine toujours d’actualité 30 ans plus tard.

Comme Fontaine, Higelin est en quête d’expériences musicales et théâtrales inédites. D’ailleurs, “Maman j’ai peur” explore déjà largement les voix du “happening”, expérience artistique qui explore le principe de l’improvisation et de la spontanéité. La pièce fonctionne très bien et la troupe déménage pour une salle plus grande, le Théâtre des Champs-Élysées, avant de partir en tournée pendant un an.

Brigitte Fontaine et Jacques Higelin sortent un album commun en 65, “Douze chansons avant le déluge” “(découvrez les chansons de Brigitte dans: “17 chansons décadentes et fantasmagoriques”), produit par Jacques Canetti, propriétaire du cabaret Les Trois Baudets et dénicheur de talents (Gréco, Brel, Brassens). Dans un style proche de la dérision cynique d’un Serge Gainsbourg ou d’un Boris Vian, les deux artistes font ensemble leurs premiers pas discographiques.

En 68, Brigitte sort un premier album solo, “Brigitte Fontaine est folle”, réalisé avec la collaboration du musicien et arrangeur Jean-Claude Vannier dont est extrait « Je suis inadaptée » compilé ici. Avec cet album, Brigitte s’inscrit d’emblée comme une artiste indépendante, hors mode et hors norme. La suite de sa très prolifique carrière sera à l’image de ce premier album, folle et déviante !

 

JEAN-PIERRE MASSIERA

Irrésistible, Jean-Pierre Massiera est un producteur de génie, sorte de pendant déglingué de Joe Meek et Bruce Haack à la française dont le goût de la bidouille n’a d’égal que son envie de s’amuser.

Bien avant de devenir l’un des producteurs les plus inventifs et ludiques français, Jean-Pierre Massiera succombe comme toute la jeunesse à la fièvre Shadows au début des années 60. S’ensuit un premier groupe en 62, Les Milords avec lesquels il sort deux EP instrumentaux à la sauce Shadows. Ils se rebaptiseront par la suite Les Monégasques en 64 pour s’adonner au twist.

Début 66, après avoir cachetonné comme guitariste de Michelle Thor et Claude François, il monte alors le Studio S.E.M (Studio Enregistrement Méditerranée) à Nice. Ce studio étant à la pointe de la technologie de l’époque, Il y développe et  peaufine rapidement ses propres techniques d’enregistrement et de production. Des boucles, des bruits bizarres, des échos étranges, pour une production claire et folle qui devient rapidement la marque de fabrique du son Massiera (écoutez le EP des Pyranhas notamment). JPM sort alors son album concept Le Maledictus Sound à mi-chemin de l’illustration sonore, et de la BO de film de Série Z. On y découvre les déambulations sonores de Massiera qui y fait étalage de tout son curieux savoir faire et nous fait partager un univers étrange où humour noir, astuces et goût du décalage coexistent sur toutes les plages musicales d’un disque mutant.

Au bistrot en face du Studio SEM, Basile, personnage haut en couleur, s’adonne régulièrement à pasticher un fermier alcoolique pour distraire la clientèle. Ses prestations faisant mouche, Massiera toujours à l’affût d’une bonne blague à faire, lui propose de sortir un disque. JPM réunit ainsi rapidement un backing band autour de Basile et un premier disque sort rapidement sous le nom de Basile and Ze Pecqu’nouz Group (1966). Du Kamini bien avant l’heure, qui met en scène les pérégrinations d’un agriculteur déglingué dont les préoccupations bas du front et l’accent bouseux contrastent avec une orchestration garage des plus avant-gardiste. Ce projet Dada et potache ne rencontre évidemment pas le succès escompté, mais 2 ans plus tard le triomphe inattendu des Charlots (qui reprenne plus ou moins la même recette), incite JPM à demander à Basile de reprendre du service. Un nouveau EP voit ainsi le jour chez RCA (1968). Outre « Ma vache et moi » ici compilé, on peut y découvrir une version toute personnelle et encore plus folle du déjà ultra trippé « They’re coming to take me Away, ha-haa » de Napoléon XIV (aka Kim Fowley) rebaptisé pour l’occasion « Engins bizarres et gens étranges ». C’est hélas de nouveau un flop et fin 68, JPM décide d’aller s’installer au Canada. Il vend le studio SEM avant de revenir s’installer deux ans plus tard sur la Côte d’Azur où il monte le Studio d’Antibes. Equipé du nec le plus ultra du matériel d’enregistrement, le studio ne désemplit pas et devient au milieu des années 70 le berceau de la Disco française à la sauce riviera. En parallèle, il produit le très conceptuel album psyché-prog des VISITORS, censé être enregistré par des extraterrestres !… Les productions se multiplient et il serait vain d’essayer d’en faire une liste exhaustive. On peut tout de même signaler le disque de Jésus, sur lequel jésus chante sur fond d’orchestration freaky ( ????), le single Wedding Party, Bellisama, ou l’album de Venus Gang qui sont autant de moments de bravoure, d’instants hallucinés et uniques dans l’épopée de la production Made in France.

Ce n’est pourtant que tardivement, au début des années 80, qu’il rencontrera enfin le succès (tout du moins en Italie) avec le groupe ROCKETS, projet space-disco, dont les membres sont vêtus d’argent de la tête au pied. A quand un projet qui réhabilite l’œuvre délirante et géniale de Jean-Pierre Massiera ?????

BRUNO LEYS

C’est un ensemble de circonstances inattendues qui préside à la création fin 60 des morceaux de Bruno Leys, puis à leur redécouverte posthume par l’entremise d’un acétate en sa possession, car aussi bon que les morceaux de Bruno puissent être, nous ne pouvons que déplorer leur absence de commercialisation à l’époque.

Remontons le temps… Début 67, Bruno est en fac de médecine à Paris. En rentrant de l’université en voiture avec un de ses potes, Bruno chante nonchalamment par-dessus les morceaux que diffuse l’autoradio. Son ami est étonné de découvrir son joli brin de voie et l’encourage à auditionner pour un groupe d’amis de la fac qui recherchent leur chanteur. Bruno ne sera pas choisi à l’issue des auditions, mais se liera d’amitié avec un des membres du groupe, Emmanuel Pairault.

Emmanuel de son côté suit des cours d’économie qu’il décide d’arrêter pour s’inscrire au conservatoire afin d’apprendre les percussions et l’utilisation des fameuses ondes Martenots.

Il compose ainsi quelques titres en solo dont la singularité est d’utiliser ces ondes. Il cherche quelqu’un pour mettre en paroles ses morceaux et propose à Bruno de lui écrire quelques textes. Bruno et Emmanuel développent ainsi rapidement un petit répertoire sans autre ambition que celle de s’amuser. Dans des circonstances désormais oubliées, ils font tout de même passer leur titre à Nicole Croisille qui leur suggère d’envoyer leur maquette à son ami Norbert Saada, le patron du label La Compagnie.

Saada est séduit par cette utilisation inédite des ondes Martenots dans des chansons pop. Il leur propose de suite d’enregistrer un disque. Emmanuel Pairault réunit ainsi rapidement une petite équipe pour les besoins de l’enregistrement. Les sessions se déroulent rue de la Gaîté au studio de Dominique Blanc Francart avec Bernard Lubat aux percussions, François Rabath à la contrebasse, Jimenez et Jean-Pierre Dariscuren aux guitares, Emmanuel Pairault et Sylvain Gaudelette aux ondes Martenots, et bien entendu Bruno au chant. Quatre titres sont ainsi enregistrés pour les besoins  du EP à venir (« Maintenant je suis un voyou », « Eve », « Hallucinations », et « Galaxie »)

Les sessions terminées, Bruno se voit dans l’obligation de partir au service militaire et perd un peu le contrôle des opérations. Norbert Saada presse un 45t promotionnel pour tenter de trouver une licence sur le marché canadien mais en vain. Pour les collectionneurs, ce très rare 45t couple les titres « Maintenant je suis un voyou » et « Galaxie ».

Au son retour du service, Bruno apprend que Norbert Saada se retire des affaires et a vendu son catalogue mettant ainsi un terme à tout espoir de voir un jour son disque sortir (1969).

La « non-carrière » (il faut bien le dire !) de chanteur de Bruno n’aura donc été que de courte durée. Sans regret,  il abandonne la musique et s’inscrit aux Beaux-Arts. A l’issue de sa formation,  il devient illustrateur et se spécialise peu à peu dans la réalisation de pochette de disques, discipline où il deviendra rapidement incontournable durant toutes les années 70 (travaux pour Johnny, Vartan, Sardou, Delpech, Il était une fois, Julien Clerc, etc).

 

 

REMERCIEMENTS pour leur temps et leur implication à Philippe Nicaud, Bruno Leys, Serge Franklin Lucien Zabuski, Guy Skornik et Zab, Jean-Pierre Massiera, Germinal Tenas, Rock

 

Remerciements pour leur conseils, et coup de mains à Thierry Swinging Mlle, JP le Gaulois, Abraham Toledano, Serge koolen, Fred le Terrible, l’équipe Born Bad (Iwan, Marc , Benoit, Encyclopedisque, Marc Liozon.

 

WIZZZ 2 est dédié à la mémoire de Richard Bennett, un directeur artistique comme on en fait plus.



[1] Futur secrétaire particulier de Johnny et des Chats Sauvages, homme à tout faire de l’infâme Cloclo, avant d’embrasser la carrière de comédien qu’on lui connaît.

[2] futur chanteur des chats sauvages après le départ de Dick Rivers