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artist :

Release date : June 22 2018
genres : NOISE / WEIRDOS / BRUTAL
format : CD/LP/DIGITAL
reference : BB107

BB107 USé – SELFLIC

ENGLISH TEXT BELOW

Ça se passe toujours un peu de la même manière, le type monte sur scène – pour peu qu’il y en ait une – avec son allure de chacal dégingandé, un chandail ou deux sur le dos et, sans préavis, se met à frapper sur un fatras de cymbales empilées sur des guitares en morceaux et calées entre deux synthés hors d’âge. Au bout de quelques minutes, il est torse nu et tout disparaît, réduit en miettes, atomisé, le spectacle, la musique, les gens autour de vous, la scène – pour peu qu’il y en ait une – on est dans le corps à corps, la lutte de l’Homme contre la machine, le Nouvel Âge du Métal, le grand fracas terminal.

Ce qui importe alors, ce n’est plus ce que ce mec fait, mais la conviction qu’il y met. Et il n’y met rien de moins sa vie entière, bordéliquement agencée en un grand tas de motifs hypnogènes, de paroles primitives, d’aboiements, de sirènes d’anti-vol, de sorties de route et de nuits infernales. Libre ensuite à chacun de tirer la ficelle qui l’arrangera dans cette énorme panique – punk, indus, BO pour polar urbain de l’an 3000 : comme si ça ne lui suffisait pas d’être à ce point âpre, féroce, et vitale, la musique d’Usé vous donne aussi le choix – luxe inouï à l’époque où on vous pré-mâche le boulot au point de vous livrer storytelling et opinions clé-en-main, 100 % validés et prêts à consommer.

À vrai dire, la musique de Nicolas Belvalette (l’homme derrière Usé, que l’on peut également croiser chez Headwar, Les Morts Vont Bien, Sultan Solitude, Roberto Succo et 125 autres projets simultanés) aurait très bien pu se contenter du live, contexte où elle semble atteindre son plein potentiel. Face à une telle puissance de feu que pourrait en effet apporter un disque, sinon une inéluctable déception ? Le fait est que c’est tout l’inverse : Chien d’la casse, son premier album, l’avait démontré, Selflic vient définitivement le confirmer.

Pianos martiaux, clavecins mongolos, techno rurale, horreur sociale : il y a dans ce nouveau disque tout ce qu’il faut pour s’agiter, transpirer, tressaillir, panteler, tituber, se ramasser, ramper, hurler, défaillir, se relever et se ramasser à nouveau – bref, s’amuser. On ne vous fera pas le coup de la « sortie de zone de confort », de l’album aux « atmosphères enténébrées » ou de l’ « auto-portrait en clair obscur » : Selflic est un condensé parfait de ce qu’a été, de ce qu’est et de ce que sera sans doute encore longtemps Usé, formidable machine à broyer le temps et la connerie, à invoquer les préceptes essentiels du feu et la furie. Et c’est bien tout ce que vous avez besoin de savoir. Le reste, c’est du bruit.

Lelo Jimmy Batista

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It’s always kind of the same: the guy gets on stage – provided that there is one – looking like a lanky jackal, with a sweater or two on, and without notice he starts hitting on a jumble of cymbals stacked on tattered guitars, wedged between two ancient synths. After a few minutes, he ends up shirtless and everything disappears, crumbled and pulverized: the show, the music, the people around you, the stage – if there was one – and you find yourself in a hand-to-hand combat: the struggle of Man against the machine, the New Age of Metal, the big final crash.

What matters then is not what this guy is doing, but the faith he’s putting in it. And what he puts in it is nothing less than his whole life, messily arranged in a large pile of hypnogenic patterns, primitive words, barking, anti-theft alarms, control losses, infernal nights. Then everyone’s free to pull the string that suits them  in this huge panic – punk, indus, soundtrack to a urban crime film of the year 3000: as if being so harsh, fierce, and vital was not enough, Usé’s music also leaves you the choice – an incredible luxury at a time when anything’s spoon-shed to the point of having storytelling and opinions delivered turnkey, 100% validated and ready to consume.

In fact, the music of Nicolas Belvalette (the man behind Usé, who can also be seen in Headwar, Les Morts Vont Bien, Sultan Solitude, Roberto Succo and about 125 other simultaneous projects) could have contented itself with live performance, where it seems to be reaching its full potential. In view of such firepower, what more could we expect from a record, other than an inevitable disappointment? Well, in fact it’s just the opposite: his first album Chien d’la casse had proven it, and Selflic definitely confirms it.

Martial pianos, mongoloid harpsichords, rural techno, social horror: this new record contains all it takes to writhe, sweat, shudder, pant, stagger, pick yourself up, crawl, howl, faint, get up and pick yourself up again – in short, to have fun. We’ll spare you the truisms about “stepping out of his comfort zone”, about the “darkened atmosphere” or a “chiaroscuro self-portrait”: Selflic is a perfect digest of what Usé was, is, and will probably be for a long time: a terrific machine to crush time and bullshit, to invoke the essential precepts of fire and fury. And that’s all you need to know. The rest is just noise.